Acquérir les bons réflexes


Ce fut une belle débauche d’énergie our un combat de longue haleine. Renégocier le contrat de restauration de son établissement lui a coûté un an de négociation, de colères : suppression de l’huile de palme, de poissons des grands fonds, davantage  de produits locaux. « C’est ainsi qu’on s’aperçoit que de passer par le maraîcher du coin coûte beaucoup moins cher que de se fournir au marché de gros de Rungis », commente Valérie Eymet, qui n’a eu qu’à puiser dans son enfance  pour acquérir les bons réflexes.

«  Je pense que les gens, dans ce monde qui marche sur la tête, vont finir par se poser les bonnes questions. Sans être baba- cools, mes parents avaient déjà le souci du bien consommer et fréquentaient  le marché et jamais les supermarchés. Il ne leur serait pas venu à l’idée de consommer des tomates en décembre. Juste du bon sens et le respect des saisons », explique  la directrice de la résidence.

Sa destinée conditionne pour toujours son rapport à l’environnement et lui fournit un supplément d’énergie : « Je suis une enfant du distilbène. Ce qui m’a rendu allergique à plein de choses, au maquillage et aux bijoux. » Allergique et sensible à la nuisance des perturbateurs endocriniens, pour elle et pour les autres et des heures passées à lire les notices pour traquer la nocivité des produits.

Chaque dossier est étudié sous son angle écologique et chaque décision est prise à l’aune du bien-être des patients. Avec son énergie et ses convictions, Valérie Eymet a entraîné l’adhésion de ses 70 salariés  mais les débuts se sont accompagnés de tâtonnements. « On s’est parfois trompé, on a fait demi-tour et maintenant nous faisons appel à l’agence Primum Non Nocere. » Le « respect », mot qui revient souvent dans sa bouche, qu’elle a pour ses résidents, a guidé cette optimiste forcenée  vers les pratiques vertueuses. « À 14 ans, on m’a annoncé que j’avais une malformation qui faisait que je ne pourrais jamais avoir d’enfant. »

Aujourd’hui, elle a deux filles à qui elle transmet ses valeurs « en refusant pendant les soldes de leur acheter un joli manteau pas cher mais fabriqué au Bangladesh ». Son espoir ? « Je pense que les gens, dans ce monde qui marche sur la tête, vont finir par se poser les bonnes questions et que la somme des démarches personnelles vont finir par imposer des normes collectives bonnes pour la planète. »

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Publié dans « Primum Non Nocere, une entreprise politique pour une mobilisation citoyenne ».