Bisphénol A et phtalates: Traquer les polluants

Corrine Brochet

L’équipe de la clinique pose fièrement pour la photo autour de l’ancienne ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Son travail de longue haleine contre les perturbateurs endocriniens ( bisphénol A et phtalates ) est récompensé par un prix « coup de cœur » des trophées de l’hospitalisation privée.

Un sujet d’actualité qui prend une acuité encore supplémentaire dans cette maternité, la plus importante en région Rhône-Alpes avec 3 700 naissances annuelles. La contamination fœtale par l’exposition aux produits chimiques peut modifier l’expression des gènes du fœtus et conduire au développement de maladies à l’âge adulte.

En pointe pour l’information des patientes, cet hôpital vient d’ouvrir une consultation nesting. « L’idée est d’expliquer aux mamans quels types de produits elles doivent impérativement éviter pour une croissance saine de leur enfant», développe Catherine Brochet qui veut mettre à leur disposition des corbeilles de fruits issus de l’agriculture biologique. C’est cette femme dynamique à l’accent chantant de Narbonne qui porte ce projet au sein de l’établissement du groupe Noalys. Elle trouve une «satisfaction intellectuelle à remettre les pratiques à plat», là où d’autres se plaindraient du défi permanent de la mise aux normes.

Le diable se cache dans les détails. De la mallette délivrée aux mamans quittant la maternité aux gobelets de la machine à café, la présence de bisphénol A et de phtalates a été traquée. Le matériel médical en contact direct avec les nouveau- nés par exemple est choisi avec attention et les soins autour du change des bébés sont fait uniquement à l’eau. Les peintures choisies pour rénover le bâtiment sont des peintures végétales, sans aucun dérivé du pétrole.

Il aura fallu lutter contre la force de l’habitude et les pesanteurs administratives pour mettre en place les outils efficaces. « Nous avons mis sur pied une base de données de signalements des événements indésirables. Les personnels avaient peur qu’on les taxe de délation mais maintenant qu’ils ont compris, grâce à nos campagnes d’information, l’effort à faire pour le bien commun, c’est rentré dans l’usage. »

Convaincre, communiquer, innover : une deuxième nature pour cette adepte du principe « un corps sain grâce à un environnement sain». Une logique pure dans le biotope délicat d’un établissement qui donne la vie.

CORINNE BROCHET RESPONSABLE QUALITÉ ET GESTION DES RISQUES, GROUPE NOALYS (69)

Publié dans « Primum Non Nocere, une entreprise politique pour une mobilisation citoyenne ».
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