Formation professionnelle: La prévention des escarres

Patricia Cavelier

À la lecture des évènements indésirables, Patricia Cavelier décide de se lancer dans la prévention des escarres. « Je suis une ancienne soignante et je sais qu’il vaut mieux prévenir que guérir», a-t-elle posé à ses équipes. « Nous avons de plus en plus de résidents ou patients en SSR qui arrivent déjà avec des escarres, ce qui nous engage dans des soins très coûteux et très douloureux pour la personne. Les escarres ont un impact fort sur la qualité de vie et l’autonomie, sans parler des effets collatéraux. Ces principes sont enseignés dans la formation initiale, nous constatons qu’ils s’estompent dans les esprits surtout quand on travaille en court séjour. Le domaine de la gériatrie est spécifique, les soignants attentifs à ce  public  fragilisé ont immédiatement adhéré à cette démarche préventive. » Veiller à l’installation du patient, son positionnement, son retournement, surveiller son poids, son hydratation et proposer une alimentation hyperprotéinée font partie de ces grands principes. « Depuis que nous observons ces règles, nous n’avons plus d’apparition d’escarres dans notre résidence. » L’alimentation fait partie intégrante de la prévention des escarres. « Nous avons travaillé avec notre prestataire restauration, le CLAN, notre comité RSE et proposons une alimentation enrichie avec des produits naturels, crème fraîche, fromage, produits frais et locaux, viande d’origine française et labellisée, qui flattent le goût des personnes. À la joie des résidents, nous avons arrêté les compléments alimentaires. »

L’Humanitude, une approche non médicamenteuse

Cette démarche est enseignée en formation professionnelle continue, au cours de stages en établissement. « On y enseigne la philosophie de soin qui interroge chaque geste de soin et le lien entre la personne aidée et la personne soignée. On améliore ainsi la santé des uns et des autres, le prendre soin lui-même et la qualité de vie au travail », affirme Annie de Vivie, fondatrice du site Agevillage et de l’institut de formation sur l’Humanitude, Eternis SA. Soixante établissements sont engagés vers le label et 10 l’ont déjà. Ils témoignent de moins d’arrêts de travail, moins d’hospitalisation des résidents, moins de médicaments de type neuroleptiques. 

C’est un réel bénéfice pour tout le monde.

RÉSIDENCE JEAN D’ORBAIS, REIMS (51)

Publié dans « Primum Non Nocere, une entreprise politique pour une mobilisation citoyenne ».
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