Permaculture: Une culture extraordinaire

Un père promoteur, un fils architecte, un autre ingénieur en environnement. Quand ce dernier découvre la permaculture au Danemark, personne ne sait ce que c’est. Alors il explique au père, Jean Vernette : la main mise de grands groupes sur les semences et les traitements, la disparition des semences anciennes, les difficultés pour nourrir sainement la population. « Que faire ? » demande le père.

«Le mieux, c’est que chacun produise sa nourriture et qu’on crée des jardins potagers en ville » répond le fils. L’idée a germé : construire des résidences avec des jardins potagers partagés. 

Dans les programmes immobiliers Les Jardins d’Égrégoreles espaces verts sont au cœur du projet dès la conception, pour bénéficier du meilleur ensoleillement. Puis ces espaces sont mutualisés car les habitants n’ont pas tous envie de cultiver un jardin. Il n’y a aucune obligation, mais en amont le gestionnaire précise qu’il s’agit de résidences avec des jardins, pour attirer des personnes motivées. Les Jardins d’Égrégore fournit les semences, bio et variées, dont des espèces anciennes, et forme les résidents pendant 2 ans à cette agriculture urbaine. 

Le syndic a immédiatement adhéré au projet. Plus d’espaces verts inutiles et coûteux, de gazon à faire tondre. Ce sont les résidents qui font l’entretien, qui taillent les arbres fruitiers. 22 logements ont été livrés en 2014. Un an plus tard, près de 50 % des résidents avaient appris à produire avec un rendement maximum. L’été, ils ont consommé uniquement leurs fruits et légumes, pourtant produits sur des espaces restreints : 200 m2 de potager et 60 fruitiers. 44 nouveaux logements ont suivi. Un deuxième programme est en cours, et plusieurs sont à l’étude, notamment dans le logement social. D’emblée, l’idée était que ces jardins nourriciers soient à portée de tous. 

L’alimentation est une priorité pour les personnes à faibles revenus. Et ces potagers tissent une cohésion sociale entre les habitants. Malgré son fauteuil roulant, Paul cultive lui aussi son lopin, grâce à des jardinières surélevées, et aux coups de main des autres résidents. C’est un de leurs projets: bâtir une résidence pour personnes handicapées, avec tous les espaces verts et jardins accessibles. Puis décliner ce modèle, aménager des maisons de retraite, des foyers de vie. Parce que le jardin peut aussi être une véritable thérapie, pour les séniors ou les personnes souffrant de dégénérescences. De concept, Les Jardins d’Égrégore est devenu un bureau d’études puis un centre de formation. Ces pionniers sont sollicités par les plus grands promoteurs. 

L’avenir ? Jean Vernette est confiant. Il voudrait que ses confrères lui emboîtent le pas. « Les jardins ça pousse partout, il n’y a pas de raison », dit-il.

LES JARDINS D’ÉGRÉGORE

Publié dans « Primum Non Nocere, une entreprise politique pour une mobilisation citoyenne ».
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