Personnes âgées: Une croyance positive

Marie-Thérèse Charra

C’est l’initiative d’un résident qui a initié le changement. « C’était en 1999 ! » se souvient Marie-Thérèse Charra «et cet homme, amoureux de la nature et des oiseaux, a demandé à ce qu’on instaure le tri des déchets dans la résidence. Moi qui le pratiquais à la maison, je n’aurais pas osé le proposer sur mon lieu de travail, de peur de passer pour quelqu’un qui se disperse avec le superflu ! »

Avec le recul, ce changement de pratique est en fait entré en résonance avec les valeurs qui la guident, celles inculquées dans son enfance.

« Je viens d’un milieu modeste et rural. Mes parents avaient une toute petite exploitation agricole dans les Vosges, quelques vaches et des volailles, c’étaient de vrais amoureux de la nature. J’ai eu la chance qu’ils me transmettent les valeurs de respect, de l’humain et de son environnement. Depuis toute petite, cela m’a toujours horripilé de voir des gens jeter des papiers dans la rue ! »

Dans sa maison de ville, son hobby favori est le jardinage et dans la vie, elle cultive une croyance positive : « celle que la personne peut toujours évoluer si on l’accompagne et si elle en a envie». Cette initiative en a généré d’autres et les 18 résidents se retrouvent associés à la vie de l’établissement, à partager les décisions : «ils ont leur mot à dire si on doit changer le lave-vaisselle, si on fait le choix d’un modèle plus coûteux mais moins énergivore et qui va durer plus longtemps ou alors d’une machine moins chère qu’il faudra changer dans 3 ans ».

Une démarche menée avec les moyens du bord car le budget de la maison Lauprêtre est limité, c’est une association loi 1901 qui ne peut dégager de bénéfices.

Dans le fonctionnement de l’institution, « entre les différentes personnalités, on essaie de les regrouper autour de valeurs communes qui sont en fait des valeurs humaines ».

Marie-Thérèse Charra plaide pour que l’humain reste au centre de la vie. « Il faudrait arrêter de considérer les personnes âgées comme étant à la charge de la société. Elles veulent rester utiles et le sont d’ailleurs quand elles transmettent les valeurs de respect à nos jeunes embauchés. Ce sont des jeunes, des contrats aidés que nos résidents aident, afin qu’ils acquièrent de la confiance. Les vieilles générations peuvent diffuser la bonne parole, à condition que la société réapprenne à les écouter. »

MARIE-THÉRÈSE CHARRA DIRECTRICE DE L’EHPAD JEAN ANDRE LAUPÊTRE CHALON-SUR-SAÔNE (71)

Publié dans « Primum Non Nocere, une entreprise politique pour une mobilisation citoyenne ».
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