Pratique éthique: La cataracte au microscope

Dr Serge Zaluski

C’est une expérience qui lui a ouvert les yeux. Serge Zaluski, praticien depuis 30 ans et spécialiste reconnu de l’opération de la cataracte, a voulu en mesurer l’impact carbone. Sa curiosité était attisée « par la discordance entre la miniaturisation de l’ablation de 2 g de cristallin et les kilos de déchets que cette opération génère », pointe-t-il. 

Bilan de l’expérience mesurée par Primum Non Nocere : 1,5 kg de déchets d’activités de soins, 830 g d’ordures ménagères, 340 g de carton, 63 kWh d’électricité et 124 litres d’eau pour une opération. L’opération de la cataracte est l’acte chirurgical le plus pratiqué chaque année en France : son cabinet Visis à Perpignan en réalise 250 par mois. 

«Cela n’a rien changé dans le process mais cela a renforcé la sensibilité que nos équipes portent à ce sujet : on évite de gâcher, on éteint la lumière en quittant une pièce, on ferme la fenêtre quand la climatisation fonctionne. » Tout en pointant du doigt un paradoxe de notre époque et la difficulté de concilier des intérêts contradictoires : « la société nous prescrit de limiter notre consommation et en même temps, le principe de précaution nous impose l’usage unique de nos instruments. Et donc des produits fabriqués en Chine, transportés par bateau puis par camion. Tout cela représente autant de blisters, de stocks, etc. » Bref, comment résoudre la quadrature du cercle d’une pratique éthique dans une époque obsédée par la rentabilité à court terme ? 

Éco-responsable mais pas éco-militant, l’ophtalmologue s’interroge ainsi sur l’éternelle rivalité entre blouses à usages uniques et blouses lavables : « Les vendeurs de la première catégorie nous disent qu’ils nous font faire des économies mais au fond, personne ne sait vraiment ce qui est le plus respectueux de l’environnement. » 

Ce « citoyen vigilant » dit croire en la conscience de l’Homme qui éveille l’esprit de responsabilité plutôt qu’à l’efficacité de la « morale » écologique. « La morale, elle évolue avec les lieux et les époques », précise-t-il, « alors que la conscience doit être développée naturellement dans notre milieu :  si les professions de santé ne se préoccupent  pas de l’environnement que nous allons laisser aux générations futures, alors on marche sur  la tête ! »

DR SERGE ZALUSKI OPHTALMOLOGUE À PERPIGNAN (66)

Publié dans « Primum Non Nocere, une entreprise politique pour une mobilisation citoyenne ».
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